Webinaire

Récit artistique et urgences écologiques :
enjeux et expériences

Rendez-vous en ligne

Le paradoxe doit être fixé : même si elle ne cesse de s’aiguiser, l’urgence écologique reste adossée, au moins dans la conscience opérationnelle que l’on en a, à une temporalité longue et largement abstraite. Contrairement aux catastrophes à effets lisibles et immédiats (l’actuelle pandémie en est un exemple), la crise écologique se déploie aux lisières de nos acuités, échappe ainsi aux impératifs de calendriers (politique notamment) et renâcle à s’articuler avec le concept d’urgence vitale, conçue à l’échelle d’une vie humaine. La juste clairvoyance qu’elle doit éveiller pour tous appelle sans doute une mise en récit, sensible, recevable et percutante. Dans la création de celle-ci, l’artiste a certainement son mot à dire. Ici et là, il a commencé à s’emparer du sujet.

 

Face à une crise environnementale dont la réalité et la temporalité restent difficilement appréhendables à l’échelle des urgences humaines, le récit artistique est-il porteur d’un enjeu spécifique ? De quels types de récits les artistes se sont-ils emparé sur ces sujets ? Comment, en complément du discours scientifique dont l’écologie est largement tributaire, le récit artistique peut-il rendre plus sensible la crise écologique ? Et au fait, de quoi parle-t-on en évoquant cette notion de « récit » ? Pourrait-il contribuer à l’émergence d’une écologie sensible ? D’une esthétique de l’écologie ?

mercredi 23 juin 2021

[13:30 > 19:30]

Rendez-vous en ligne sur le lien ci-dessous

Tout public | Gratuit sur inscription

Extrait de la bande-dessinée "Un printemps à Tchernobyl" ©Emmanuel Lepage

programme

Modération d'Anne-Lise Naizot

Directrice de la Maison de la Nature et de l'Environnement de Grenoble

Introduction de Baptiste Lanaspèze

Directeur des éditions Wildproject, philosophe

Table ronde n°1

Aux confins du paradoxe, la responsabilité de l’homme est engagée dans « l’inhumanité » de certains territoires. La catastrophe nucléaire est l’une des occurrences de cette responsabilité. Il en existe d’autres. Par ailleurs, par leur dimension sauvage et largement intouchée, certains paysages sont restés à l’abri de toute présence humaine. Comment, par ses œuvres, l’artiste peut-il témoigner de ces points aveugles, déserts / désertés, de « l’inhumanité » de ces paysages singuliers ? A quels défis doit-il faire face pour en composer le récit, pour en tracer les mutations, en rapporter le « vivant » ?

Intervenants :

Emmanuel Lepage (auteur en bande dessinée)
Lauranne Germond (Fondatrice et responsable COAL)
Antoine Choplin (écrivain)
Hélène Schmutz et Marie Forget (chercheuses LLSETI / USMB).

Table ronde n°2

En quoi le milieu montagnard est-il un témoin spécifique - voire une victime ? – de la crise climatique ? Quelles propositions artistiques permettent de rendre sensibles les meurtrissures, les dommages irréversibles que le dérèglement climatique inflige à la montagne ? En quoi les artistes peuvent-ils, mieux que (ou avec) les scientifiques, rendre compte de la vulnérabilité de cet environnement particulier ?

Intervenants :

Frédi Meignan (président de Mountain Wilderness)
Jérôme Cochet (metteur en scène et auteur de la Cie Les Non Alignés)
+ [autres invités]

temps d'échange

Conclusion de Philippe Teillet

Enseignant chercheur, IEP de Grenoble

S’emparer de l’urgence climatique : une injonction sociétale pour les artistes ?