résidence de création "arts visuels"

Sentiers d'art

Massif de Belledonne

Dans l’approche du territoire que Scènes obliques souhaite développer avec la perspective de l’ECIM, une ouverture vers les arts plastiques s’est affirmée. La présence physique d’oeuvres qui viendraient jalonner les pentes de Belledonne inviterait ainsi à arpenter le paysage selon une cartographie en construction autour notamment de sentiers d’arts balisés. En convoquant quelques-uns des grands thèmes qui habitent l’ADN de Scènes obliques depuis l’origine (le rapport au paysage, la marche, l’engagement), le sentier d’art autorise ainsi une exploration singulière, alternative, éventuellement ludique du massif. En 2021, Scènes obliques a ainsi lancé au plan national, pour la seconde année consécutive, un appel à création d’œuvre d’art contemporain, autour de ce thème du parcours, en prise avec la pente et les spécificités du paysage montagnard. Dans un souci de mise en partage, la sélection de l’artiste implique un jury comprenant une pluralité d’acteurs du territoire – artistes, citoyens, élus.

Parcours artistiques

Naissance d'une montagne

véronique matteudi

Réalisation en mai 2020 | manoir de vaubonnais (la pierre)

Portée de nos pas

guillaume Barborini

réalisation en juin 2021 | Col d'Hurtières (Les Adrets)

« Naissance d’une montagne s’inscrit comme un phare dans le paysage, une signalétique proche du cairn, son caractère ajouré n’arrête pas le regard à sa surface, l’espace environnant y est inclus. C’est aussi la rencontre entre le caractère immuable du minéral et celui éphémère du végétal. Deux éléments en tension, l’un enveloppant l’autre dans un filet. Quand ce tissage végétal se délitera, l’élément minéral s’écroulera, implosant de l’intérieur, dans ce ventre d’air. » Véronique MATTEUDI

Véronique Matteudi est diplômée de l’École des Beaux-Arts de Grenoble et de la Villa Arson à Nice. Elle passe toute son enfance dans le massif du Vercors. Aujourd’hui installée en région toulousaine, elle se consacre essentiellement à la sculpture depuis une vingtaine d’années et participe à de nombreux évènements liés à l’art et l’environnement. Elle crée essentiellement avec le végétal, la clématite sauvage (lianes), le minéral ou la terre. C’est par une immersion dans la réalité du paysage que la création devient pour elle vecteur de lien et de dialogue entre l’homme et la nature.

« Tenter des pratiques qui entendent prendre soin de ce qui répond ou résiste à l’aménagement corrosif de la planète ; qui consistent en l’expérience attentive de cette dernière plutôt qu’en sa consommation. À travers des gestes simples qui se superposent ou s’infiltrent dans le monde tel qu’il est, qui se cosignent avec les territoires, à travers leur lenteur et leur répétition, il est question de tendre vers une forme de présence. Présence aux autres et aux choses, attentive, responsable,
engagée, agissante et collaborative, pleine. Présence sur le fil entre le monde et soi, à se chercher soi dans le monde et le monde en soi. Et travailler l’effleurement de l’un sur l’autre, en jongleur et funambule. Tenter un équilibre. »

Guillaume BARBORINI.

Guillaume Barborini est né en 1986 à Chambéry, diplômé de l’École Supérieure d’Art de Lorraine, il réside principalement à Metz où il poursuit ses recherches artistiques. Son travail s’appuie sur des gestes, fragiles et à l’échelle du corps, à travers lesquels il s’agit d’interroger et de tenter des moyens d’habiter le monde attentifs aux territoires, aux matières, aux usages. Guillaume Barborini intervient et expose régulièrement en France, notamment au Frac Lorraine (Metz), au Magasin des Horizons (Grenoble), au Granit (Belfort), à L’attrape-couleurs (Lyon), à Ergastule (Nancy) ainsi qu’au Luxembourg : les Rotondes (Luxembourg ville), Nei Liicht (Dudelange). Il développe également une partie de son travail en Asie.